Ronflements importants
Surtout lorsqu’ils sont interrompus par des pauses silencieuses.
Enseignement · SommeilSaint‑Hyacinthe
Ronflements, pauses respiratoires, fatigue ou somnolence : quand faut-il penser à l’apnée du sommeil?
L’apnée du sommeil provoque des arrêts répétitifs de la respiration durant le sommeil, qui durent de 10 à 30 secondes et surviennent plusieurs fois par nuit.1 Ces pauses fragmentent le sommeil. Souvent, c’est le conjoint ou la conjointe qui remarque les ronflements, les pauses ou les réveils avec sensation d’étouffement.
À la Clinique IPS du Palais à Saint-Hyacinthe, une consultation permet d’évaluer vos symptômes et vos facteurs de risque, puis de déterminer si une étude du sommeil est indiquée.
Les signes à reconnaître
Surtout lorsqu’ils sont interrompus par des pauses silencieuses.
Souvent observées par le conjoint.
Réveils brusques avec besoin de reprendre son souffle.
Tendance à s’assoupir pendant la journée.
Une association fréquente à considérer.
Dormir suffisamment sans se sentir reposé.
Ronfler ne signifie pas automatiquement faire de l’apnée du sommeil. C’est l’association des symptômes, des facteurs de risque et, lorsque nécessaire, d’une étude du sommeil qui permet de poser le diagnostic.
Comprendre
Le mot « apnée » désigne une interruption de la respiration. Pendant le sommeil, le passage de l’air diminue fortement ou s’arrête de façon répétée.
Chaque épisode se termine généralement par un micro-éveil, si court que la personne ne s’en souvient pas. Répétés plusieurs fois pendant la nuit, ces micro-éveils empêchent d’obtenir un sommeil vraiment réparateur : on peut passer huit heures au lit sans se sentir reposé.
Elle peut avoir des conséquences sur :
Les types
C’est la forme la plus fréquente : les voies aériennes supérieures s’obstruent pendant le sommeil, souvent parce que les tissus mous de la gorge s’affaissent.1
La personne continue de faire des efforts pour respirer, mais l’air passe mal ou plus du tout.
Moins fréquente, elle n’est pas due à une obstruction : le signal qui commande la respiration devient temporairement insuffisant.1
Elle peut être associée à certaines conditions médicales ou à certains médicaments.
Certaines personnes présentent à la fois des événements obstructifs et centraux. Le traitement est alors adapté au type d’événements observés pendant l’étude du sommeil.
Les symptômes
Le conjoint est souvent le premier à remarquer les pauses.
L’intensité des symptômes varie beaucoup d’une personne à l’autre.
À distinguer
La distinction est particulièrement importante dans l’apnée du sommeil, parce que la somnolence peut avoir des conséquences sur la sécurité, notamment au volant.
Non.
Le ronflement est fréquent dans l’apnée obstructive, mais toutes les personnes qui ronflent ne font pas d’apnée. À l’inverse, ne pas avoir remarqué de ronflement ne suffit pas à l’exclure.
Les éléments plus préoccupants : ronflements importants, pauses silencieuses, étouffements nocturnes, somnolence le jour, hypertension ou plusieurs facteurs de risque.
Selon l’Agence de la santé publique du Canada, les hommes reçoivent près de deux fois plus souvent un diagnostic que les femmes, et 75 % des personnes diagnostiquées ont 45 ans ou plus.2 L’excès de poids augmente aussi le risque.1
Une personne mince peut toutefois faire de l’apnée, et l’apnée peut aussi survenir chez des personnes plus jeunes. Le poids ne suffit donc pas à poser ou à exclure le diagnostic.
Santé globale
Non traitée, l’apnée peut causer de sérieux problèmes. L’Agence de la santé publique du Canada mentionne l’hypertension, l’AVC, la crise cardiaque, les collisions de la route, la dépression, la diminution de la libido et les blessures au travail.1
Les adultes ayant un diagnostic d’apnée déclarent de l’hypertension environ 1,8 fois plus souvent.2 L’apnée obstructive fait aussi partie des causes possibles d’hypertension secondaire.4
Elle peut notamment être recherchée lorsque la pression est difficile à contrôler.
Les maladies du cœur sont déclarées environ 2,2 fois plus souvent chez les personnes ayant un diagnostic d’apnée.2
Cela ne veut pas dire que toute personne avec de l’apnée développera ces maladies : l’apnée est un facteur à considérer dans l’évaluation globale.
Le diabète est déclaré environ 2,5 fois plus souvent chez les adultes ayant un diagnostic d’apnée.2 Une évaluation globale considère la glycémie, la pression, le cholestérol et les habitudes de vie.
Selon l’Agence de la santé publique du Canada, une perte de poids de seulement 10 % peut grandement réduire le nombre d’arrêts respiratoires.1
Toutes les personnes avec un excès de poids ne font pas d’apnée, et l’inverse est aussi vrai. Il ne faut pas retarder le traitement dans l’espoir de perdre du poids : les deux approches peuvent aller de pair.
L’Agence de la santé publique du Canada et la SAAQ recommandent de limiter ou d’éviter l’alcool et de cesser de fumer.1,5
Une consommation d’alcool près de l’heure du coucher peut aggraver certains symptômes.
Certains médicaments qui causent de la somnolence peuvent influencer la respiration ou la vigilance.
Cela ne veut pas dire qu’un médicament prescrit doit être arrêté : toute modification se discute avec le professionnel qui vous suit.
Selon la SAAQ, l’apnée du sommeil peut entraîner une somnolence qui empêche de réagir aux changements liés au trafic, ainsi qu’une augmentation du risque d’accident, notamment chez les conducteurs professionnels.5
La SAAQ recommande de respecter son plan de traitement et d’éviter de conduire si l’apnée n’est pas traitée. Un traitement approprié permet de continuer à conduire en toute sécurité.5
Si vous avez de la difficulté à garder les yeux ouverts, des endormissements involontaires ou des quasi-accidents, ne poursuivez pas la conduite : arrêtez-vous dans un endroit sécuritaire et faites évaluer la cause.
L’évaluation commence par une histoire détaillée : ronflements, pauses, étouffements, fatigue, somnolence, maux de tête matinaux, pression artérielle, antécédents cardiovasculaires, médicaments, alcool, poids et autres problèmes de santé.
Le conjoint peut décrire ce que la personne endormie ne remarque pas. Des questionnaires validés aident à estimer la probabilité d’une apnée, mais ne confirment pas le diagnostic à eux seuls.
Le diagnostic
Lorsqu’une apnée est suspectée, une étude du sommeil peut être nécessaire : un test fait à la maison avec des capteurs, ou une polysomnographie plus complète à l’hôpital.3
Un appareil porté pendant la nuit enregistre certains paramètres, comme la respiration, le débit d’air, l’oxygène, la fréquence cardiaque ou la position.
Il peut être utile lorsque l’apnée obstructive est fortement suspectée, mais il ne convient pas à toutes les situations.
Plus complète, elle se fait en laboratoire du sommeil. Elle enregistre notamment l’activité cérébrale, les mouvements des yeux et des muscles, la respiration, l’oxygène et le rythme cardiaque, ce qui permet d’analyser précisément les stades du sommeil et les événements respiratoires.
L’étude calcule notamment le nombre d’événements respiratoires par heure. Le résultat s’interprète avec la baisse d’oxygène, les symptômes, les autres maladies et le type de test.
C’est possible. Insomnie, trouble du rythme circadien, jambes sans repos, narcolepsie ou autres causes de fatigue peuvent donner des symptômes sans apnée importante.
Elle peut attirer l’attention sur un problème (oxygène, fréquence cardiaque, ronflement), mais ne remplace pas une étude diagnostique validée.
Traitement
Le traitement dépend de la sévérité, des symptômes, de l’anatomie, des autres conditions médicales, de la tolérance et de vos préférences.
C’est le traitement le plus utilisé : un appareil envoie de l’air sous pression par un masque pour garder les voies respiratoires ouvertes.1
Ce n’est habituellement pas de l’oxygène. Pour être efficace, l’appareil doit être utilisé régulièrement et bien ajusté.
Un appareil amovible porté dans la bouche la nuit maintient la mâchoire légèrement vers l’avant. Selon le Collège des médecins, l’Ordre des dentistes et l’Ordre des inhalothérapeutes du Québec, c’est une option efficace pour bon nombre de patients, après le diagnostic du médecin, adaptée par un dentiste qualifié.6
Chez certaines personnes, les obstructions sont plus nombreuses sur le dos. Dormir sur le côté peut alors aider.1,7
Elle n’est pas recommandée pour tous : en cas d’apnée sévère, la PPC reste le meilleur traitement selon la Société canadienne du sommeil.7
Pas simplement parce que les symptômes se sont améliorés : l’amélioration est souvent la conséquence du traitement. L’arrêt se discute avec l’équipe qui assure le suivi.
Cela dépend de sa cause. Une amélioration importante est possible chez certaines personnes, par exemple après une perte de poids. Chez d’autres, c’est une condition chronique. Une nouvelle étude du sommeil est parfois nécessaire avant de conclure.
Consulter
Tous les ronfleurs n’ont pas besoin d’un test : un ronflement isolé n’a pas la même signification qu’un ronflement accompagné de pauses et de somnolence importante.
Agissez rapidement en cas d’endormissement au volant, de quasi-accident, de somnolence incontrôlable, de détresse respiratoire, de perte de conscience ou de symptômes cardiovasculaires ou neurologiques aigus. Une urgence ne doit pas attendre une évaluation du sommeil.
Une évaluation est pertinente en présence de :
À la Clinique IPS du Palais, une évaluation initiale permet de déterminer si vos symptômes sont compatibles avec une apnée du sommeil : habitudes de sommeil, ronflements, pauses rapportées, fatigue, somnolence, pression artérielle, poids lorsque pertinent, médicaments, alcool, antécédents cardiovasculaires, santé métabolique et autres symptômes nocturnes.
Si l’évaluation suggère une apnée, une investigation appropriée peut être recommandée afin de confirmer ou d’exclure le diagnostic et d’orienter la prise en charge.
Questions fréquentes
Pas nécessairement. Le ronflement est fréquent dans l’apnée obstructive, mais toutes les personnes qui ronflent n’en sont pas atteintes.
Oui. Des pauses respiratoires observées pendant le sommeil sont une raison pertinente de faire évaluer la possibilité d’une apnée.
Oui. L’apnée peut fragmenter le sommeil de façon répétée sans que vous vous souveniez des micro-éveils.
Non. Le poids est un facteur de risque important, mais une personne sans excès de poids peut aussi faire de l’apnée.
Dans certaines situations, oui. Dans d’autres, une polysomnographie en laboratoire est préférable. Le choix dépend du contexte clinique.
Non. C’est le traitement le plus utilisé, mais d’autres options, comme l’orthèse d’avancement mandibulaire ou la thérapie positionnelle, peuvent convenir à certaines personnes.
Elle peut causer une somnolence qui empêche de réagir aux changements de circulation et augmente le risque d’accident. La SAAQ recommande d’éviter de conduire si l’apnée n’est pas traitée et de respecter son plan de traitement.
Pas toujours. Une perte de poids peut réduire les arrêts respiratoires chez certaines personnes, mais elle ne remplace pas nécessairement les autres traitements.
L’apnée du sommeil provoque des interruptions répétées de la respiration pendant la nuit. Ses principaux signes sont les ronflements, les pauses respiratoires, les étouffements nocturnes, la fatigue, la somnolence, les maux de tête au réveil et une concentration diminuée.
Elle est associée à plusieurs conditions cardiovasculaires et métaboliques et peut augmenter le risque d’accident lorsqu’elle cause de la somnolence.
Le diagnostic repose sur une évaluation clinique et, lorsque nécessaire, une étude du sommeil. Des traitements efficaces existent.
Les renseignements de cette page sont fournis à titre informatif et ne remplacent pas une évaluation par un professionnel de la santé.